La CDF tente de lever l’équivoque en matière d’unions homosexuelles

07 Janvier, 2020
Provenance: fsspx.news
Mgr Giacomo Morandi (à gauche) et le cardinal Luis Ladaria Ferrer.

La Congrégation pour la doctrine de la foi est intervenue, le 20 décembre 2019, afin de dissiper le malaise provoqué par la publication, quelques jours plus tôt, d’un document de la Commission biblique pontificale. Le débat porte sur la vision de l’homosexualité dans la sainte Ecriture. 

Le 16 décembre dernier, la Commission biblique pontificale, qui dépend de la Congrégation pour la doctrine de la foi, publiait un long document de plus de 300 pages, intitulé : Qu'est-ce que l’homme ? Un itinéraire d'anthropologie biblique. Les auteurs s’y livrent à une étude systématique, sur l’ensemble des livres sacrés, de ce que la Bible enseigne sur l’homme, sa nature, son origine, la manière dont il agit, les valeurs et le destin qui sont les siens. 

Mais cette publication n’a pas été sans créer un certain malaise par son traitement - en neuf pages jugées ambiguës - de la question de l’homosexualité. D’autant que le père James Martin, jésuite tristement célèbre et auteur d’un livre prônant l’intégration des homosexuels dans l’Eglise, a salué la réflexion menée par ses confrères de la Commission biblique pontificale. 

Le jésuite américain évoque notamment l’exégèse que ses confrères font du châtiment de Sodome, qui ne serait pas la conséquence d’actes contre-nature, mais d’un comportement agressif et discriminatoire d’habitants « qui ne veulent pas accueillir l’étranger avec respect ». 

Plusieurs grands médias internationaux n’ont quant à eux pas hésité à affirmer que le document romain se prononçait « en faveur de l’homosexualité ». Dans un tel contexte, le fait que la préface de l’ouvrage soit signée par le cardinal Luis Ladaria Ferrer, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, n’a fait qu’ajouter au malaise. 

L’affaire a donc ému l’ex Saint-Office qui a tenté de faire une mise au point quelques jours plus tard, le 20 décembre, sans pour autant désavouer le texte de la Commission : « l'institution du mariage, constituée par la relation stable entre mari et femme, est constamment présentée comme évidente et normative dans toute la tradition biblique », a tenu à rappeler Mgr Giacomo Morandi, secrétaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Et d’ajouter : « il n'y a aucun exemple (dans la Bible) d’unions légalement reconnues entre personnes de même sexe ». 

Deux questions subsistent toutefois, qui doivent être examinées le texte en main : le document de la Commission biblique prête-t-il de quelque manière à l’interprétation que certains ont voulu lui donner ? A tout le moins, ses considérations ne sont-elles pas imprudentes dans le contexte actuel ? 

Lorsque, de diverses parties du monde catholique, s’élèvent des voix, ou pire se font des pratiques, qui veulent plus ou moins admettre l’homosexualité, le devoir de l’autorité est d’enseigner sans aucune ambiguïté. Et ce n’est pas un simple secrétaire de congrégation qui doit alors parler.